Pourquoi mon enfant a-t-il une mauvaise motricité fine ?

Pourquoi mon enfant a-t-il une mauvaise motricité fine ?

Écrit par : Alexis Parietti

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Temps de lecture 7 min

Votre enfant a du mal à boutonner sa veste, à tenir son crayon correctement ou à manipuler de petits objets du quotidien ? Ces gestes, qui semblent simples, peuvent être de véritables défis pour certains enfants. Ces difficultés, souvent liées à la motricité fine, peuvent impacter leur autonomie, leur confiance en eux et même leurs apprentissages scolaires.


Mais pourquoi certains enfants peinent-ils davantage que d'autres ? Est-ce une question de maturité, de pratique ou existe-t-il une explication plus profonde ? Dans cet article, nous vous aidons à comprendre les causes possibles de ces difficultés et, surtout, à découvrir des solutions concrètes pour accompagner votre enfant au quotidien. Ne restez plus dans le doute, faisons la lumière sur la motricité fine !


Qu’est-ce que la motricité fine ?


La motricité fine désigne l’ensemble des mouvements précis et coordonnés réalisés par les doigts, les mains et parfois les poignets. Contrairement à la motricité globale, qui mobilise les grands muscles du corps (pour courir, sauter ou marcher), la motricité fine sollicite les petits muscles et requiert une grande précision et une bonne coordination œil-main.


Son rôle est essentiel dans le développement de l’enfant, car elle intervient dans de nombreuses tâches du quotidien. Par exemple, elle permet à l’enfant de tenir un crayon, de découper avec des ciseaux, de boutonner un vêtement ou encore de manipuler de petits objets comme des perles ou des Lego. Ces compétences sont cruciales pour favoriser son autonomie à la maison et sa réussite scolaire.


Alors que la motricité globale permet à un enfant de courir et de sauter, la motricité fine lui permet d’écrire lisiblement, de tracer des figures géométriques ou de réussir des jeux de construction. Ces deux types de motricité se développent en parallèle, mais des retards dans la motricité fine peuvent impacter la confiance en soi de l’enfant et son engagement dans certaines activités scolaires et ludiques.


Pour en savoir plus : Quelles sont les différences entre motricité fine et motricité globale ?

Les signes d’une mauvaise motricité fine


Les difficultés de motricité fine peuvent se manifester de différentes manières, selon l’âge de l’enfant. Ces signes sont souvent observés dans les gestes du quotidien, que ce soit à la maison, à l’école ou dans les moments de jeu.


Signes par âge


  • Avant 2 ans : À cet âge, l'enfant commence à explorer le monde avec ses mains. Les premiers signaux de difficulté peuvent se traduire par une incapacité à saisir de petits objets entre le pouce et l'index (comme des céréales ou des jouets de petite taille) ou un faible intérêt pour les jeux de manipulation tels que les hochets ou les boîtes à formes.


  • De 2 à 4 ans : L’enfant rencontre des difficultés à empiler des blocs, à enfiler des perles ou à tenir un crayon de manière stable. Les activités de découpage (avec des ciseaux adaptés) peuvent également poser problème, tout comme les jeux de construction (puzzles, Lego).


  • À partir de 5 ans : À l'école, les signes deviennent plus visibles. L'enfant a du mal à tenir correctement son crayon, son écriture est souvent illisible ou désorganisée sur la feuille. Il est également plus lent dans les activités de coloriage, de tracé de formes ou d'écriture par rapport à ses camarades.


Manifestations visibles au quotidien



  • Difficultés dans l'habillage : L’enfant peine à attacher ses lacets, fermer une fermeture éclair ou boutonner ses vêtements.



  • Problèmes de découpage et de dessin : Il éprouve des difficultés à découper du papier avec des ciseaux, à tracer des lignes ou à reproduire des formes simples.



  • Maladresse dans les jeux de construction : Il manipule maladroitement les Lego, les puzzles ou d'autres jeux d'assemblage.



  • Utilisation des outils du quotidien : L'enfant a du mal à utiliser des couverts, à ouvrir des boîtes de jus, ou à manipuler de petits objets (comme des perles ou des vis).

PS : si vous désirez améliorer la motricité fine de votre enfant avec un moyen simple, il existe la busy board Montessori. C'est une planche équipée d'une multitude d'accessoires tel que des loquets ou des fermetures, qui pousse votre enfant à manipuler et donc travailler les muscles de ses doigts. Pas mal non ? 

Les causes possibles d’une mauvaise motricité fine


Les difficultés de motricité fine chez l'enfant peuvent avoir des origines multiples. Ces causes peuvent être d'ordre développemental, environnemental ou psychologique. Comprendre ces causes est essentiel pour mieux accompagner l'enfant et lui proposer des solutions adaptées.



1. Causes d'ordre développemental


L’une des principales causes de la mauvaise motricité fine est le trouble du développement de la coordination (TDC), aussi connu sous le nom de dyspraxie motrice.



  • Qu’est-ce que la dyspraxie ?
    La dyspraxie est un trouble neurologique qui affecte la planification, la coordination et l'exécution des gestes moteurs, même si les muscles et les articulations de l'enfant fonctionnent normalement. Ce trouble perturbe la capacité de l’enfant à organiser des mouvements complexes.



  • Les manifestations de la dyspraxie motrice
    L'enfant dyspraxique a du mal à organiser et exécuter des gestes simples de manière fluide. Il peut avoir des mouvements saccadés, imprécis et désordonnés. Par exemple, il éprouvera des difficultés à utiliser des ciseaux, à écrire lisiblement, ou encore à s’habiller seul (boutons, fermetures éclair, lacets). Sa coordination œil-main est souvent affectée, rendant difficile la manipulation d'objets fins (perles, stylos, jeux de construction).



  • Statistiques
    On estime que la dyspraxie touche environ 6 % des enfants, et elle est plus fréquente chez les garçons. Ce trouble, souvent méconnu des parents et des enseignants, peut avoir des répercussions importantes sur la scolarité et l’estime de soi de l’enfant.


2. Causes environnementales et éducatives


Outre les causes neurologiques, l’environnement dans lequel grandit l'enfant joue également un rôle clé dans le développement de sa motricité fine.


  • Manque d’exposition à des activités de manipulation


Les enfants qui ne sont pas exposés à des jeux de manipulation (comme les perles, les puzzles, les jeux de construction ou la pâte à modeler) peuvent voir leur motricité fine se développer plus lentement. 


Ces jeux permettent à l'enfant de travailler sa coordination œil-main, sa précision et sa dextérité.


  • Usage excessif des écrans


Le temps passé devant les écrans (tablettes, smartphones, téléviseurs) remplace souvent les activités manuelles. Or, les écrans ne stimulent pas la motricité fine, car l'enfant se contente de toucher l'écran de manière répétitive, sans utiliser ses doigts de façon précise. 


Cela prive l’enfant d’opportunités de manipuler, toucher, saisir et coordonner ses mouvements, ce qui est pourtant essentiel pour le bon développement de la motricité fine.


3. Causes psychologiques et émotionnelles


Enfin, le contexte émotionnel et psychologique de l’enfant peut également avoir un impact sur sa motricité fine.


  • Stress et anxiété


Un enfant stressé ou anxieux face à une tâche qu'il juge trop difficile peut éviter l'activité, ce qui limite ses occasions de pratiquer des gestes fins. Par exemple, s'il échoue à plusieurs reprises à boutonner sa veste, il risque de ne plus vouloir réessayer, renforçant ainsi ses difficultés.


  • Manque de confiance en soi


Les enfants qui se sentent en échec ou qui se comparent aux autres peuvent perdre confiance en eux. Ce manque de confiance limite leur motivation à essayer des tâches complexes, notamment celles qui sollicitent la motricité fine.


  • Peur de l'échec


Un enfant qui a peur de l'échec peut éviter de tenter des tâches motrices complexes, comme le découpage ou le coloriage. Or, l'entraînement est essentiel pour développer les habiletés motrices fines.


Les conséquences d'une mauvaise motricité fine


Les difficultés de motricité fine peuvent avoir des répercussions significatives sur la vie quotidienne de l'enfant, tant à l'école qu'à la maison. Elles peuvent également affecter son bien-être psychologique et émotionnel.


À l’école


À l’école, la motricité fine joue un rôle clé dans les apprentissages. Les enfants qui peinent à manipuler des crayons, des ciseaux ou des règles peuvent rencontrer des obstacles dans de nombreuses activités scolaires.


  • Difficulté à suivre le rythme des activités : L'écriture demande une coordination fine, et un enfant en difficulté peut avoir une écriture lente, illisible ou désorganisée.


  • Problèmes en géométrie : Tracer des figures précises, utiliser des règles ou des équerres devient un véritable défi.


  • Manipulation des outils scolaires : L'utilisation des ciseaux, des crayons ou des stylos demande une habileté que l’enfant ne maîtrise pas, le rendant plus lent et parfois exclu de certaines activités.


À la maison


À la maison, ces difficultés affectent l’autonomie de l’enfant, créant parfois des situations de frustration.


  • Problèmes d'autonomie : L'enfant a du mal à s'habiller seul (fermer sa veste, attacher ses lacets), à se laver ou à utiliser des couverts pour manger.


  • Frustration et fatigue : Ne pas pouvoir accomplir ces tâches du quotidien peut générer un sentiment de dépendance vis-à-vis des adultes, ce qui peut affecter son estime de soi.


Conséquences psychologiques


Les conséquences émotionnelles et psychologiques sont souvent sous-estimées mais tout aussi importantes.



  • Sentiment d'échec et baisse de l’estime de soi : Conscient de ses difficultés, l’enfant peut se sentir 'moins capable' que ses camarades, ce qui affecte sa confiance en lui.



  • Anxiété et surcharge cognitive : L’effort qu’il doit fournir pour réaliser une tâche 'simple' pour les autres est énorme. Cette mobilisation de ressources cognitives limite sa capacité à se concentrer sur d'autres apprentissages, notamment en classe.


Pourquoi mon enfant a-t-il une mauvaise motricité fine ? Conclusion


Les difficultés de motricité fine peuvent affecter de nombreux aspects de la vie quotidienne de l’enfant, de sa scolarité à son autonomie à la maison, en passant par sa confiance en lui. Qu’elles soient liées à un trouble comme la dyspraxie ou à un manque de pratique, ces difficultés ne doivent pas être ignorées.


Heureusement, avec un accompagnement adapté, comme l’ergothérapie et des activités ludiques à la maison, il est possible d’aider l’enfant à développer ses compétences motrices. Chaque progrès, même petit, renforce son estime de soi et sa motivation à relever de nouveaux défis.

Pour en savoir plus :


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