Pourquoi travailler la motricité fine ?

Pourquoi travailler la motricité fine ?

Écrit par : Alexis Parietti

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Temps de lecture 8 min


Et si on vous disait que des gestes aussi simples que boutonner une chemise, écrire ou tourner les pages d'un livre reposent sur une compétence cruciale au quotidien ? Cette compétence, c'est la motricité fine. Essentielle pour les enfants en plein apprentissage, indispensable pour les adultes en rééducation et précieuse pour les seniors souhaitant préserver leur autonomie, la motricité fine est partout dans notre vie. 


Mais pourquoi est-il si important de la développer ? Quels en sont les bienfaits à chaque étape de la vie ? Et surtout, comment la renforcer au quotidien ? Découvrez dans cet article tout ce qu’il faut savoir pour mieux comprendre et accompagner ce pilier du développement humain.


Qu’est-ce que la motricité fine ?  (Définition et composantes)


La motricité fine désigne l'ensemble des mouvements précis réalisés grâce au contrôle des petits muscles des mains, des doigts et du poignet. Contrairement à la motricité globale, qui mobilise les grands muscles du corps (bras, jambes, tronc), la motricité fine se concentre sur les gestes minutieux et les actions de précision. Ces mouvements sont essentiels pour effectuer les tâches de la vie quotidienne, qu'il s'agisse de boutonner une chemise, écrire une phrase lisible ou enfiler des perles sur un fil.


Dès la petite enfance, la motricité fine joue un rôle fondamental dans le développement de l'enfant. Elle continue d'être sollicitée tout au long de la vie, notamment chez les adultes, les seniors et les personnes en situation de handicap, pour maintenir l'autonomie et la qualité de vie.

Les composantes clés de la motricité fine


Pour mieux comprendre la complexité de la motricité fine, il est utile de la décomposer en 7 composantes essentielles. Ces composantes sont à la base de nombreux gestes du quotidien et doivent être maîtrisées progressivement, notamment par les enfants.


1️⃣ L'approche


Il s'agit du moment où la main se dirige vers un objet. Cette action nécessite une coordination entre les yeux (pour repérer l'objet) et la main (pour aller le chercher). Par exemple, lorsqu'un enfant veut attraper un jouet, sa main se déplace d'abord vers ce dernier avant de le saisir.


2️⃣ La préhension


La préhension, comme son nom l'indique, correspond au fait de saisir un objet avec la main et les doigts. Elle peut se faire de plusieurs façons :


  • Prise globale (pour saisir un gros objet, comme une balle).


  • Prise en pince (avec le pouce et l'index, comme pour attraper une perle).


Cette composante est cruciale pour l'écriture, l'utilisation d'un stylo, le découpage avec des ciseaux ou encore l'enfilage de perles.


3️⃣ Le transport


Une fois l'objet saisi, il faut le déplacer d'un point à un autre. Ce mouvement peut paraître anodin, mais il exige de maintenir la force et la stabilité tout au long du transport. 


Imaginez un enfant qui déplace une tasse d'eau sans la renverser : sa main doit rester stable et ses muscles doivent s'ajuster en permanence pour éviter les secousses.


4️⃣ Le relâchement volontaire


Après avoir transporté un objet, il est nécessaire de le déposer précisément à l'endroit voulu. Le relâchement volontaire est la capacité à ouvrir la main de manière contrôlée pour poser un objet, au lieu de simplement le laisser tomber. 


Ce mouvement est crucial pour des actions comme poser des objets fragiles ou placer des pièces dans un puzzle.


5️⃣ La coordination bimanuelle


La coordination bimanuelle consiste à utiliser les deux mains de manière coordonnée pour réaliser une tâche. Les deux mains ne font pas toujours la même chose : l'une peut tenir un objet (ex. une feuille) pendant que l'autre effectue une action (ex. découper avec des ciseaux).


Cette coordination est cruciale pour des actions courantes comme :


  • Attacher ses lacets (chaque main fait un mouvement complémentaire).


  • Découper avec des ciseaux (une main tient la feuille, l'autre manipule les ciseaux).


  • Enfiler des vêtements (une main guide le tissu, l'autre l'enfile).


6️⃣ Les manipulations dans la main


Cette composante est parfois sous-estimée, mais elle est essentielle. Les manipulations dans la main consistent à déplacer un objet à l'intérieur de la main sans le relâcher. Par exemple, lorsque vous faites rouler une pièce de monnaie entre vos doigts pour changer sa position, vous mobilisez cette compétence.



Les enfants pratiquent cette habileté en jouant avec des billes ou en triant des perles par couleur ou par taille.


7️⃣ L’utilisation des outils


Cette composante est sans doute la plus visible et la plus courante. Elle consiste à manipuler des objets ou des outils spécifiques pour accomplir une tâche. Cela peut inclure :



  • Tenir un crayon pour écrire ou dessiner.



  • Utiliser des ciseaux pour découper.



  • Manger avec une cuillère, une fourchette ou un couteau.

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Pourquoi est-il important de travailler la motricité fine ?


La motricité fine est bien plus qu'une simple capacité motrice. Elle est un levier essentiel au développement global, impactant l’autonomie, la confiance en soi, les apprentissages cognitifs et la qualité de vie à tous les âges. 


Travailler la motricité fine permet d'agir sur plusieurs dimensions du développement, tant pour les enfants que pour les adultes, les seniors ou les personnes en situation de handicap. Voici pourquoi il est crucial de la stimuler à chaque étape de la vie.


Pour les enfants (0-6 ans)


'Le socle de l’autonomie et des apprentissages scolaires'


Chez les enfants, la motricité fine se développe dès les premiers mois de vie et joue un rôle fondamental dans leur autonomie et leurs compétences scolaires. De la crèche à la maternelle, cette compétence se construit progressivement à travers le jeu et les activités manuelles.


 Autonomie



La motricité fine est indispensable pour permettre aux enfants de devenir autonomes dans les gestes du quotidien. Elle leur permet de :



  • Se nourrir seuls (utilisation d'une cuillère, d'une fourchette, d'un couteau)



  • S'habiller (fermer une fermeture éclair, boutonner un gilet, attacher des lacets)



  • Se brosser les dents et se coiffer


Ces actions, bien que simples pour un adulte, demandent un haut niveau de précision et de contrôle musculaire pour un enfant. Plus tôt il maîtrise ces compétences, plus il gagne en autonomie et en indépendance.


Apprentissages scolaires

La motricité fine est au cœur des apprentissages fondamentaux à l’école :



  • Écriture : Tenir et manipuler un crayon nécessite une bonne coordination des doigts, du poignet et de l'œil.



  • Utilisation des outils scolaires : Manipuler des ciseaux, ouvrir des boîtes, utiliser des règles ou des gommes font partie des compétences demandées dès la maternelle.



  • Dessiner, découper, coller : Toutes ces activités stimulent la préhension, le contrôle du relâchement volontaire et la coordination bimanuelle.


Confiance en soi



Quand un enfant parvient à réussir une tâche seul, il ressent un sentiment de fierté. Il prend conscience de ses compétences et se sent capable de relever de nouveaux défis. Chaque succès, comme boutonner son manteau ou écrire son prénom, lui permet de renforcer son estime de soi.


Impact cognitif



La motricité fine contribue au développement cognitif de l'enfant. Les manipulations manuelles permettent de stimuler le cerveau, notamment les fonctions de :



  • Concentration et attention (l'enfant doit se focaliser sur une tâche précise).



  • Planification et organisation des gestes (penser à la suite des actions pour atteindre un objectif).


Les bienfaits d'un bon développement de la motricité fine


La motricité fine est une compétence fondamentale qui, lorsqu'elle est bien développée, a des répercussions positives sur de nombreux aspects de la vie quotidienne. 


Que ce soit pour les enfants, les adultes ou les seniors, une bonne motricité fine contribue au bien-être global, à l'autonomie, à la réussite scolaire et au développement cognitif. Voici les principaux bienfaits de son développement.


Bien-être global et estime de soi


La capacité à réussir des tâches du quotidien (comme écrire, découper, ou manipuler des objets) renforce le sentiment de compétence. Ce sentiment est essentiel pour développer la confiance en soi, surtout chez les enfants.


Autonomie au quotidien


'Être capable de faire seul' : Cette phrase résume l'importance de la motricité fine dans l'acquisition de l'autonomie. 

Pour un enfant, un adulte ou un senior, la possibilité d'exécuter seul des tâches de la vie quotidienne permet de réduire la dépendance et d'accroître le sentiment d'indépendance.


Quelques exemples d'actions nécessitant la motricité fine :



  • S'habiller : Attacher une fermeture éclair, boutonner une chemise, enfiler des vêtements.



  • Manger : Utiliser une cuillère, une fourchette ou un couteau.



  • Hygiène personnelle : Se brosser les dents, utiliser un peigne, se raser.



  • Actions du quotidien : Manipuler des clés, ouvrir une porte, utiliser un téléphone ou une télécommande.


Réussite scolaire


La motricité fine est un pilier des apprentissages scolaires. Les activités scolaires, qu'il s'agisse d'écrire, de dessiner ou d'utiliser des ciseaux, font appel à des compétences de précision et de coordination.


Les compétences scolaires liées à la motricité fine :


  • Écriture : Tenir le crayon de manière précise et confortable pour écrire les lettres.


  • Découpage : Savoir utiliser des ciseaux pour découper des formes sur une ligne précise.


  • Manipulation d'outils : Utiliser des crayons de couleur, de la colle, des gommes ou des règles.


  • Construction de figures : Jeux de construction et puzzles, qui nécessitent une bonne coordination des mains et des doigts.


Stimulation du développement cognitif


Le développement de la motricité fine n'a pas qu'un impact physique, il touche aussi les compétences cognitives. Les activités de motricité fine impliquent de réfléchir, planifier et ajuster ses gestes, mobilisant des fonctions cognitives cruciales.


Les compétences cognitives mobilisées par la motricité fine :


  • Coordination œil-main : Synchroniser la main et l'œil pour effectuer un geste précis (ex. suivre un tracé avec un crayon).


  • Attention et concentration : Rester concentré sur la tâche (ex. faire des puzzles ou du découpage).


  • Planification des gestes : Anticiper les mouvements nécessaires pour atteindre un objectif (ex. découper une forme complexe).


  • Mémoire : Se souvenir de la séquence des étapes nécessaires pour accomplir une tâche.


Pourquoi travailler la motricité fine ? en conclusion


La motricité fine est bien plus qu'une simple compétence motrice. Elle est le socle sur lequel reposent des compétences essentielles à chaque étape de la vie.


Qu'il s'agisse de l'autonomie au quotidien, de la réussite scolaire, du développement cognitif ou de l'estime de soi, une bonne motricité fine influence directement le bien-être global et la qualité de vie.


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