
La compétition dans la pédagogie Montessori
|
|
Temps de lecture 7 min
|
|
Temps de lecture 7 min
Entre les concours de billes dans la cour de récré, les bulletins scolaires et les petites rivalités entre frères et sœurs, la compétition semble partout dans la vie de nos enfants.
Alors forcément, quand on découvre la pédagogie Montessori, on se demande : et ici, on en fait quoi de la compétition ? Est-ce qu’on l’élimine complètement ? Est-ce qu’on la contourne ? Est-ce qu’on apprend à mieux la vivre ?
Si tu t’es déjà posé ces questions (moi aussi !), cet article est là pour y voir plus clair. Parce que non, Montessori ne rime pas avec esprit de compétition, mais ça ne veut pas dire qu’on n’aide pas nos enfants à grandir, à se dépasser… autrement.
Maria Montessori n’était pas vraiment fan de la compétition, c’est le moins qu’on puisse dire. Pour elle, comparer les enfants entre eux ou les pousser à 'être meilleurs que les autres' ne fait que détourner leur attention de l’essentiel : le plaisir d’apprendre et la joie de progresser à leur propre rythme.
Elle pensait que la vraie motivation venait de l’intérieur, pas de la promesse d’une récompense ni de la peur d’un échec. Et franchement, en tant que parent, ça résonne fort : combien de fois on a vu nos enfants se décourager parce qu’ils pensaient ne pas être “aussi bons que” leur copain, leur sœur, ou même ce fameux “élève modèle” ?
Maria Montessori voyait chaque enfant comme un être unique, avec son propre rythme, ses forces et ses défis. Elle voulait qu’ils apprennent pour eux-mêmes, pas pour briller devant les autres.
C’est pour ça qu’elle a imaginé un environnement sans notes, sans punitions ni récompenses, où les enfants peuvent se concentrer sur leur propre chemin, sans se sentir en compétition avec les autres.
Autrement dit : dans une classe Montessori, on n’apprend pas pour “être le premier”, mais pour le plaisir d’apprendre. Et c’est là que la magie opère.
Avant de plonger dans la question de la compétition, un petit rappel express des bases Montessori (promis, c’est rapide !) :
Chaque enfant avance à son rythme : pas de course, pas de comparaison.
L’autonomie est au cœur de l’apprentissage : l’enfant choisit ses activités, ce qui nourrit sa motivation.
Un environnement préparé et calme : tout est pensé pour favoriser la concentration et la confiance.
Le matériel est auto-correctif : l’enfant voit par lui-même s’il a bien fait, sans avoir besoin d’un adulte pour 'valider'.
En gros, on ne pousse pas l’enfant à faire 'comme les autres' ou 'mieux que les autres', on l’aide à faire pour lui, par lui. Et ça change tout.
Si vous voulez en savoir, on a rédigé une liste des 12 principes fondamentaux dans la pédagogie Montessori
Dans une ambiance Montessori, il n’y a ni notes, ni classements, ni “meilleur élève de la semaine”. Et ce n’est pas un oubli, c’est un vrai choix !
Tout est pensé pour éviter la comparaison. Les enfants ne sont pas en compétition : ils évoluent côte à côte, chacun sur son propre chemin. Et tu sais quoi ? Ça crée une atmosphère apaisée, où les enfants osent se tromper, recommencer, demander de l’aide… sans peur du regard des autres.
Le matériel est auto-correctif, donc pas besoin qu’un adulte dise “c’est bon” ou “c’est faux”. Et comme les activités sont souvent individuelles ou proposées en petits groupes, on encourage naturellement la coopération plutôt que la rivalité.
Résultat : l’enfant apprend à se dépasser pour lui-même, pas pour battre les autres. Et franchement, ça change beaucoup dans la posture qu’il adopte vis-à-vis des apprentissages (et même des autres enfants !).
Quand on enlève la pression d’être 'le meilleur', quelque chose de super intéressant se passe : l’enfant se détend… et il apprend mieux.
Voici ce qu’on observe souvent dans une classe Montessori (et à la maison aussi, quand on s’en inspire un peu) :
Moins de stress et plus de confiance : l’enfant n’a pas peur de se tromper, il ose essayer.
Motivation naturelle : il fait les choses parce qu’il en a envie, pas pour plaire ou impressionner.
Concentration plus profonde : sans distraction liée à la comparaison, il entre vraiment dans ce qu’il fait.
Plus d’entraide : au lieu de voir les autres comme des 'rivaux', il les voit comme des partenaires.
C’est un cercle vertueux : l’enfant se sent bien, donc il apprend bien… et ça lui donne encore plus envie de continuer !
En savoir plus : Le développement du leadership avec Montessori
On associe souvent la compétition à du stress, de la pression, de la comparaison… et c’est vrai que mal gérée, elle peut vraiment faire des dégâts.
Mais la compétition, en soi, n’est pas forcément mauvaise. Tout dépend de comment on la propose, et surtout pourquoi.
Dans certains contextes, la compétition peut même devenir un moteur positif :
Elle pousse certains enfants à se dépasser, à sortir de leur zone de confort.
Elle peut renforcer la résilience, l’envie de progresser, la capacité à faire face à l’échec.
Et dans un cadre bienveillant, elle peut même devenir un jeu motivant, sans enjeu de jugement.
Le tout, c’est de désamorcer la peur de perdre et de valoriser le chemin plus que le résultat. Par exemple :
👉 'Tu n’as pas gagné cette fois, mais regarde comme tu t’es amélioré depuis la dernière fois !'
👉 'Ce qui compte, c’est d’avoir osé et donné le meilleur de toi.'
Chez Montessori, on ne met pas l’accent sur la compétition, mais ça ne veut pas dire qu’on empêche l’enfant de relever des défis, de se fixer des objectifs, ou même de vivre des situations où il y aura des comparaisons.
On l’aide juste à le vivre avec sérénité, sans que ça touche à sa valeur personnelle.
Bref, la compétition n’est pas le problème. C’est ce qu’on en fait — et comment l’enfant la vit — qui change tout.
Même sans suivre la pédagogie Montessori à la lettre, on peut tout à fait cultiver un esprit non compétitif à la maison. Et crois-moi, avec plusieurs enfants (ou même un seul très volontaire 😅), c’est parfois un vrai défi !
Voici quelques pistes simples et efficaces :
Éviter les comparaisons du type : 'Regarde comme ton frère fait mieux' ou 'Tu vois, ta sœur, elle y arrive'. Ça part souvent d’une bonne intention, mais ça crée de la rivalité.
Mettre en place des règles claires de partage : quand chacun sait ce qui est à lui, à qui c’est le tour, ou combien de temps dure une activité, on évite bien des conflits inutiles (et donc moins de jalousie).
Valoriser l’effort, pas le résultat : un “Bravo, tu t’es vraiment appliqué !” vaut mieux qu’un “Tu es le meilleur !”.
Proposer des jeux coopératifs : construire une cabane ensemble, faire un puzzle à deux, inventer une histoire… autant d’occasions de renforcer les liens sans esprit de compétition.
En résumé : à la maison aussi, on peut semer des petites graines de bienveillance et de coopération — et ça fait beaucoup de bien à tout le monde. 🌱
C’est souvent la grande question qu’on se pose :
'Mais si mon enfant n’a jamais été confronté à la compétition, comment va-t-il faire dans la vraie vie ?'
Et c’est légitime ! Parce qu’on ne va pas se mentir, la compétition existe : à l’école, plus tard au travail, dans le sport… Elle fait partie du monde.
Mais attention : ne pas baigner dedans dès petit, ça ne veut pas dire ne pas y être préparé. Au contraire.
Dans un cadre Montessori, l’enfant apprend à se connaître, à gérer ses émotions, à se fixer ses propres objectifs. Et ça, c’est une base hyper solide pour affronter les défis de la vie — avec plus de calme et de recul.
La clé, c’est de faire la différence entre :
Une compétition toxique qui pousse à se comparer en permanence
Et un défi personnel sain, qui donne envie de se dépasser, sans écraser les autres
Et crois-moi, un enfant qui a appris à se faire confiance et à se concentrer sur son propre chemin saura très bien relever les défis du monde, sans s’y perdre.
La pédagogie Montessori ne rejette pas la compétition parce qu’elle veut tout lisser ou protéger nos enfants à tout prix… mais parce qu’elle croit profondément en la force de l’estime de soi et en la joie d’apprendre pour soi-même.
Apprendre sans être comparé, sans chercher à 'gagner' ou 'faire mieux que'… c’est peut-être l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse leur faire. Et non, ça ne les empêche pas d’être prêts pour la vraie vie. Au contraire. Ça leur donne des bases solides pour avancer avec confiance, sans se définir à travers le regard des autres.
Alors non, chez Montessori, on ne fait pas la course. Mais on avance. Chacun à son rythme, et souvent, bien plus loin qu’on ne l’aurait cru. 💛
D'autres articles qui pourraient vous plaire :